Nouvelles de Flandre
Lettre de l'OVV (29/09/2003)

Aux signataires de la lettre aux Membres du Parlement belge (De Haan, le 17 juin 2003)

 

Berchem, le 29 septembre 2003

Chère Madame, Cher Monsieur,

C'est avec beaucoup d'intérêt que nous avons pris connaissance de la lettre aux Membres du Parlement belge que vous avez co-signée. Cette lettre est à consulter au site web: www.dmnet.be/ndf.

Cela nous réjouit que vous démontrez de cette façon votre intérêt pour la situation belge. Permettez-nous d'exprimer quelques réflexions quant au contenu de cette lettre.

Il est vrai que le Mouvement Flamand a réalisé beaucoup de ses objectifs. Ceci a été accompli sans révolution et sans actes de violence. La transformation graduelle de la Belgique d'un état central vers un état fédéral ou confédéral a été établi par un dialogue paisible.

Le Mouvement Flamand n'a certainement pas encore perdu de son utilité. Au moins certains pouvoirs doivent encore être transférés du niveau national vers la Flandre et la Wallonie. Nous ne soutenons pas ce concept pour le plaisir de la séparation. En revanche, nous soutenons cette idée parce que nous sommes convaincus qu'en rapprochant le pouvoir du citoyen, le pouvoir devient plus efficace. Au niveau de l'Union Européenne ceci se dénomme la "subsidiarité" . Par l'article 5 du Traité de la Communauté Européenne, ce principe de subsidiarité est même déclaré un des principes fondamentaux de l'Union Européenne...

En outre, les nouveaux défis du Mouvement Flamand ne peuvent être perdus de vue. Ainsi nous nous inquiétons de la position du Néerlandais en tant que langue officielle dans une Union Européenne élargie. Nous craignons que par l'élargissement de l'Union Européenne, le nombre de langues officielles sera limité, et que le Néerlandais perdra son statut actuel de langue officielle. La diversité représente néanmoins, entre autres par les langues, une des caractéristiques les plus belles et importantes de l'Europe…

Vous ne pouvez pas nous reprocher par ailleurs, dans le cadre de notre action, de faire appel à un droit fondamental sur lequel nos ancêtres se sont basés. Le droit de l'autonomie des peuples fût invoqué en effet pour la première fois en 1581 par les Pays Bas contre l'Espagne et son roi, Philippe II.

Ensuite cela vous étonne que les activités culturelles francophones en Flandre ne sont pas soutenues par les autorités flamandes, tandis que la Communauté Française de la Belgique ne peut pas subsidier ces activités. Ce principe est aussi valable dans le sens inverse. Des activités néerlandophones en pays francophone de la Belgique ne peuvent être soutenues financièrement par la Communauté Flamande, et les autorités francophones ne les subsidieront certainement pas. Nous sommes cependant convaincus que nous puissions compter sur votre signature, si nous demandions dans une lettre aux Membres du Parlement belge, des moyens financiers afin de soutenir des activités néerlandophones en pays francophone de la Belgique. Il s'agit tout de même de «certains droits normaux»?

En outre, l'unilinguisme en Flandre que vous supposez, doit être fortement relativisé.

En effet l'article 30 de la Constitution Belge stipule clairement que l'usage des langues est libre! Personnellement nous ne connaissons pas beaucoup de constitutions qui proclament la liberté de la langue et de son usage. Le principe de l'unilinguisme joue uniquement un rôle dans quelques domaines bien précis de la société, notamment les contacts avec le pouvoir public et la justice et les relations entre les employeurs et employés. Pour le reste l'usage des langues est totalement libre!

D'ailleurs, l'unilinguisme (limité) de la partie néerlandophone et de la partie francophone de la Belgique fût établi sous la pression des francophones. La base de la législation linguistique actuelle a été créée en 1932. A cette époque les facilités pour les immigrés néerlandophones en Wallonie étaient inexistantes. On n'acceptait pas de «foyers de pénétration, des foyers de résistance contre la culture de la région».

Ensuite vous insistez que la Belgique approuve au plus vite l'Accord Cadre du Conseil d'Europe sur la protection des minorités nationales. Est-ce que vous envisagez lancer cet appel également à la France? Contrairement à la Belgique, la France n'a pas encore signé ce Traité. Les Basques, les Bretons, les Corses, les Flamands et d'autres minorités en France apprécieraient certainement votre soutien à cet appel. Il s'agit tout de même simplement du respect de certains droits normaux, comme le droit de développer des activités culturelles dans la langue propre (Basque, Bretonne, Corse, Flamande, etc), en ayant le soutien financier indispensable de l'administration publique?

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.

Au nom de la Direction Générale du Centre de Concertation des Associations Flamandes (OVV),

Prof. Dr. Eric Ponette
Président OVV

Ing. Staf Van Wichelen
Vice-Président OVV

c.c. les Parlementaires Néerlandophones, les Parlementaires Francophones
Secretariat OVV : Passendalestraat, 1 A, 2600 Berchem


Copyright © 1998-2003 A.P.F.F.-V.B.F.V. asbl
Secrétariat: Spreeuwenlaan 12, B-8420 De Haan, Belgique
Téléphone: +32 (0)59/23.77.01, Télécopieur: +32 (0)59/23.77.02
Banque: 210-0433429-85, Courriel: apff@dmnet.be
Site: http://www.dmnet.be/ndf